pourquoi un cabaret  sur Alice et Lewis Carroll ?
photos©cécilé dubuc
Du côté de Dickens, Chaplin et Fellini, “cabaret alice” est un cabaret poético-burlesque contemporain et absurde, relevé à la sauce carrollienne, pimenté de 16 chansons et d’une musique de scène originales, dont le moteur de l’action est le rêve, mais aussi le pouvoir de transformation du rêve sur la réalité, tout comme dans l’illusion théâtrale.
C’est le parcours chaotique, drôle et émouvant d’une petite personne qui se construit et déconstruit dans son rapport étrange (étranger ?) à l’autre, comme dans un palais des mille glaces. Elle se perd pour se trouver. On la perd pour qu’elle se trouve.
Le personnage d’Alice est une énigme, parce qu’elle est l’œuvre elle-même. Alice est créatrice de langage, parce qu’elle crée celui-ci au fur et à mesure qu’elle rencontre les figures de l’autre et que ces rencontres la déconstruisent/construisent. Elle doit donc, tout comme un auteur le fait face à son propos d’écrivain, se remettre en question en permanence à travers les mots eux-mêmes pour tenter de trouver une stabilité, une affirmation par rapport au monde. C’est pourquoi Alice est une œuvre d’une très grande profondeur : la création y est au cœur même de l’identité de l’œuvre.  Alice en plongeant dans son rêve sans peur ni retenue, se délivre de la peur de la réalité pour définir la sienne propre, et par là-même devenir un être libre.
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